Willy de SPENS (1911-1989)

Willy de SPENS

   

La famille de Spens est venue en France en 1450 sous Charles VII. Patrick de Spens fut envoyé par le Roi d’Écosse en tant que commandant de la garde du corps des 24 gentilshommes écossais mis à la disposition de Charles VII par James II d'Ecosse, suite au mariage de sa fille avec le dauphin (mariage négocié par Thomas de Spens, archevêque d'Aberdeen et Lord privé du Royaume d’Écosse, frère aîné de Patrick).

Patrick de Spens épousa en 1466 Jehanne de Sault, fille de Peyran de Sault, baron cavier d'Estignols, Castera, Saint-Germain, co-seigneur de Mauco et de terres en Cauna, lieutenant du sénéchal des Lannes.

À partir de son mariage, il conserva ses fonctions à la cour et fut porté sur les livres de paye des gardes écossais et fut investi de la garde pour le roi du château de Saint-Sever. Louis XI délivra des lettres de naturalité en 1474 à "son bien aimé baron...".

Willy de Spens est le descendant de cette famille arrivée dans les Landes sous le règne de Louis XI et qui depuis a vécu à Aurice, tout près de Saint-Sever, dans ce château d'Estignols, considéré encore aujourd'hui comme l'une des plus belles demeures landaises.

Willy de Spens a commencé sa carrière littéraire dans le journalisme en collaborant avant la dernière guerre à plusieurs revues, Combat ou la célèbre N.R.F. (Nouvelle Revue française) en particulier.

Son premier roman fut publié en 1943, et une vingtaine d'ouvrages seront par la suite édités notamment chez Laffont, Plon et en dernier lieu à La Table ronde.

Willy de Spens fréquentait le monde des lettres et comptait, parmi ses amis, Marcel Aymé, Jacques Chardonne, Antoine Blondin et surtout Roger Nimier, la plupart membres du groupe baptisé les Hussards. Ironique, pétulant et fougueux, c'est ainsi que fut qualifié Willy de Spens. Cette ironie caustique, accompagnée d'un humour noir, dévastateur, s'appliquait non seulement aux autres mais aussi à sa propre existence, même si, comme il l'a écrit, une vie fichue, c'est toujours bon à prendre.

Plusieurs prix littéraires récompensèrent certains de ses romans : celui des Deux Magots, en 1957, pour Grain de Beauté, histoire d'un cheval, rappelant que Willy de Spens était le fils d'un éleveur de chevaux de course ; ou encore le prix Louis Barthou pour Nuit des longs museaux (1978).

Dans ses derniers ouvrages, il a rassemblé ses souvenirs et mémoires en plusieurs tomes : La loi des vainqueurs, précédé de Printemps gris, Derniers étés et Le hussard malgré lui. Ils sont imprégnés d'une profonde nostalgie, malgré un très relatif apaisement au cours des dernières années de sa vie, chez cet homme qui raconte notamment la " drôle de guerre, telle qu'il l'a vécue ".

Autres publications parmi les plus connues : Quiberon (1948), Éléonore d'Aquitaine et ses troubadours (1957), Fontaine-française (1958), La Route de Varennes (1962), Red Boy (1982), Cyrano de Bergerac (1989).